L’histoire de
LA FERME DU
MOULINAT
UNE HISTOIRE
d’agriculture
familiale
à travers le temps
Bien que les archives familiales les plus anciennes que nous conservons et qui concernent une propriété familiale à Loubens nous permette de remonter au XVIIIe siècle… Nous ferons débuter cette histoire au tout début du siècle dernier.
Notre aïeul, Jacques Lampuret, tanneur rentier, originaire de Duras acheta le domaine de Gères à Charles de Moulinard, magistrat, qu’il avait reçu par sa femme, descendante des marquis de Gères.
Messieurs Lampuret, Jacques et son fils François Daniel, s’affaireront à restaurer le vieux logis de fond en comble et moderniseront les bâtiments agricoles attenants et alentours. Une partie de leur fortune fut engloutie par ces travaux, l’autre dans des placements bien connus, pratique à la mode dans les familles bourgeoises de l’époque …
En ce temps-là, la France était prospère et dans nos campagnes, l’architecture en est un témoignage.
Il feront ériger un séchoir à tabac ostensible, unique en son genre, bâti en pierre.
Les multiples inscriptions laissées par les artisans nous laissent penser que tout était fin prêt pour l’année 1914.
Mais la guerre éclata. Les préoccupations ne furent plus les mêmes, les placements se volatilisèrent et ces messieurs partirent fièrement défendre leur patrie convoitée, en connaissance de sa grande valeur et des apports qui fut les leurs.
À leur retour, ils n’étaient plus les mêmes… Blessé de guerre, prisonnier en Allemagne, François Daniel reprit à Loubens son bureau de chef d’exploitation et de maire.
Quelques années plus tard, son beau-fils, Gérard Fazembat qui avait pris la relève des affaires et mandats, connaîtra le même sort (1939). Il fut bras droit du ministre de l’Agriculture Jean Sourbet et se prêtait volontiers aux expérimentations d’élevage conseillé par son compagnon rescapé des gaz des tranchées, le professeur et académicien Gustave Lesbouyries.
Durant son absence c’est son épouse Marie Jeanne qui administra ce domaine aux activités représentatives de celles de la région girondine de polyculture et d’élevages.
Les chevaux, les vaches laitières, les moutons, les lapins de chair et fourrure, les pigeons, les volailles de basse-cour, les ruches, les céréales, le tabac, le bois, les pommiers, les pruniers d’Ente, la vigne et la distillation seront autant de productions qu’elle maintiendra d’une main de maître, remarquable.
Marie-Jeanne et Gérard eurent trois enfants, deux fils et une fille.
Durant toute leur jeunesse, les deux jeunes hommes travaillèrent sur le domaine qui avait bien changé depuis l’avant-guerre. Ces deux frères pionniers firent venir le premier tracteur de la région.
Finalement c’est Roger l’aîné qui prit la succession.
“Monsieur le maire possédait en son temps un des plus beaux élevages de bétail !” témoigne un vieil habitant du canton.
En ce temps-là, l’exploitation agricole allait connaître un autre tournant historique.
Denise et son époux Roger, en plus de l’activité agricole ( tomate de Marmande…) produisaient pour leur consommation et celle de leurs sept enfants, légumes et petites volailles.
Dans le sud-ouest, le coq, roi de la basse-cour, partage volontiers le trône avec le canard gras. Ce suzerain était bien apprécié par la famille.
Un jour Denise accepta de vendre un de ces bocaux de foie gras conservés précieusement avec les confits sur les étagère du garde manger de la famille… un événement qui semble anodin mais qui eut de grandes conséquences !
L’affaire était intéressante; Denise créa avec une poignée de femmes entrepreneures, la coopérative agricole “Palmagri” implantée à Auros, qui connaîtra une rapide croissance et renommée.
En 1989, ce sera au tour de Philippe de prendre la relève, il réorganisera à son tour la propriété.
A vingt ans, il était d’abord à la tête d’une entreprise de prestation agricole puis avec son épouse Céline, ils auront pour objectif d’accueillir du public à la ferme dès 2001, de valoriser et cuisiner la production sur place; “La Ferme du Moulinat” naquit.
Son nom fut emprunté au lieu-dit de la parcelle de terre entre le château et la ferme, lui-même serait un dérivé du nom des anciens propriétaires…
Il construisirent progressivement d’importantes installations permettant de gaver jusqu’à 50 000 canards par an en 2010.
Philippe avec un compagnon de bonne aventure, œuvrera à l’établissement et à la diffusion d’un phénomène qui émergera dès 2005 dans nos campagnes françaises sous l’égide des chambres d’agriculture, les “Marchés des producteurs du pays”. Des rassemblements auxquels les membres de la ferme répondront présents et qui auront fait bien des émules depuis.
Avec pour idée de créer une fête de village, s’organisent sur la ferme “les festigrillades”.
C’est en 2010 que furent implantées des haies pour la biodiversité tout comme l’expérimentation de l’agroforesterie sur 6 hectares.
Comme son grand-père avant lui, pour ses multiples engagements en faveur de l’agriculture, Philippe intégrera l’ordre national du Mérite agricole.
En 2013, Paul et Amélie s’installèrent aux côtés de leurs parents, ils entreprirent la conversion des cultures en bio. Ils pratiquent avec leur papa, une méthode culturale à conservation des sols avec une rotation d’une dizaine de céréales.
En 2015, le Sud-Ouest de la France sera touché par le virus de la grippe aviaire ; Céline quittera la ferme. Après un abattage sanitaire on observera une diminution imposée de la production de canard gras dans toute la région.
Ici, un nouvel élevage débutera, celui des porcs noirs de type gascon, une vieille race endémique.
C’est une fois de plus une occasion de métamorphose. Dans les mains d’Amélie, le séchoir à tabac, qui avait été restauré pour fêter les 100 ans de Marie-Jeanne, accueille régulièrement des événements et mariages, l’activité de traiteur fermier se développe tout comme la vente en direct des céréales.
Les premières céréales seront transformées en 2017, ces dernières sont pressées à froid et offrent des huiles appréciées .
Paul adaptera encore l’outillage agricole et les systèmes d’irrigation dans un esprit d’optimisation et d’économie de la ressource en eau.
Et il y a encore beaucoup à faire !
Copyright © 2025 La Ferme du Moulinat – 1 Roquet, 33190 Loubens – Tel. : 05 56 71 30 84 – mentions légales